Forum de Clôture du Programme ECOFISH 
10 septembre 2025 
Crystals Beach Resort, Belle Mare, Maurice 
Allocution de Monsieur Edgard RAZAFINDRAVAHY, Secrétaire général de la Commission de l’océan Indien

Mesdames et messieurs les Officiers permanents de liaison de la Commission de l’Océan Indien, 
Monsieur le Chef de coopération auprès de la Délégation de l’Union Européenne auprès de la république de Maurice et de la République des Seychelles 
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations et institutions régionales, partenaires de mise en œuvre du programme ECOFISH, 
Mesdames et messieurs les points focaux nationaux et représentants des pays participants au programme ECOFISH.  
Mesdames et Messieurs,

La Commission de l’océan Indien est honorée de vous retrouver à l’occasion de ce forum, organisé dans le cadre de la clôture du programme ECOFISH. 

Notre rencontre se tient à un moment charnière de notre parcours collectif, à l’heure où s’achève l’extension de douze mois de la convention de financement de ce programme de portée interrégionale, lequel a mobilisé l’ensemble de nos partenaires de mise en œuvre à travers l’Afrique de l’Est, l’Afrique australe et l’océan Indien. Il a su générer des transformations tangibles, dont les impacts méritent non seulement d’être préservés, mais également consolidés et amplifiés. 

Au cours de ces cinq dernières années, ECOFISH a profondément amélioré les conditions de vie de nombreuses communautés, grâce, entre autres, à des réformes politiques et institutionnelles, au renforcement des capacités en matière de Suivi, Contrôle et Surveillance, ainsi qu’à la mise en œuvre de projets pilotes valorisant des modèles de pêche artisanale durable, qu’ils soient continentaux ou marins. 

Cette rencontre représente ainsi l’opportunité de dresser un bilan exhaustif des principales réalisations, de partager les défis rencontrés ainsi que les enseignements issus des cinq plans de travail. Elle constitue également un cadre privilégié de concertation sur les stratégies de sortie, garantes d’une appropriation pleine et entière par les institutions nationales et régionales. 

J’ose espérer qu’à l’issue de ces échanges, nous pourrons poser les jalons d’une plateforme d’engagement durable afin de consolider l’héritage d’ECOFISH au sein des structures régionales dédiées à la pêche et à l’économie bleue. 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

La contribution d’ECOFISH à la gestion durable de nos ressources halieutiques ne fait plus aucun doute. Son impact, bien que parfois difficilement quantifiable, est aujourd’hui une réalité incontestable. 

De nombreuses interventions stratégiques ont été entreprises. Parmi celles-ci, l’évaluation des systèmes d’enregistrement et de délivrance de permis dans le secteur de la pêche artisanale, visant à passer d’un accès libre à un régime de droits réglementés; l’élaboration de plans de gestion spécifiques pour certaines pêcheries, telles que l’holothurie, le poulpe ou encore le thon côtier ; la mise en œuvre du projet pilote du compte satellite de l’économie bleue (BEFSA) au Kenya et à Madagascar ; ou encore l’évaluation de l’impact économique et financier de la pêche artisanale aux Comores, à Madagascar et à Djibouti ainsi que la création d’un observatoire des pêcheries et du changement climatique dans le sud-ouest de l’océan Indien. 

En outre, un appui stratégique important a été apporté dans la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN). Depuis 2020, douze patrouilles régionales ont permis de constater trente-sept infractions, aboutissant au déroutement de trois navires vers les ports compétents. Ces résultats illustrent la nécessité impérieuse de renforcer encore davantage la surveillance dans la région. 

La capture successive de ces trois navires, en l’espace d’une année, atteste de la présence toujours significative de ressources, mais également de l’audace persistante de certains opérateurs INN, peu dissuadés par les sanctions actuelles. Il est donc crucial que les États signataires de l’Arrangement Administratif unissent leurs efforts pour intensifier cette lutte, et que d’autres pays rejoignent cette initiative commune. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons préserver le patrimoine que constitue le Plan Régional de Surveillance des Pêches (PRSP). 

Il convient également de souligner l’importance stratégique de l’institutionnalisation du PRSP, conditionnée par la signature de l’Arrangement Administratif par tous les Etats participants ainsi qu’une mise en œuvre effective de la feuille de route. Il est urgent d’établir sans délai une structure transitoire dotée d’un mandat clair et portée par une volonté politique affirmée en vue de l’instruction du nouveau programme SWIO, et ce, conformement aux recommandantions du dernier COPIL PRSP tenu les 25 et 26 aout dernier à Maurice. 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Alors que le programme ECOFISH touche à sa fin, notre attention doit désormais se porter sur la consolidation des acquis, la pérennisation des initiatives, ainsi que sur leur transfert stratégique. Il importe de capitaliser sur les résultats obtenus, de documenter l’impact généré et de veiller à l’ancrage institutionnel des principaux résultats au sein des organisations régionales et des pays partenaires.L’objectif fondamental consiste à garantir que l’héritage d’ECOFISH perdure bien au-delà de sa clôture officielle, à travers des systèmes, des outils, des partenariats et des cadres institutionnels durables. 

C’est dans cette optique que nous devons œuvrer à positionner ECOFISH comme un programme catalyseur, ayant permis de passer de projets isolés à une gouvernance régionale intégrée et maîtrisée du secteur halieutique. 

Avant de conclure mon propos, je souhaite exprimer mes plus vifs remerciements à l’Union européenne, principal bailleur de ce programme, ainsi qu’à l’ensemble de nos partenaires de mise en œuvre : la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté d’Afrique de l’Est (CEA), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), l’Autorité du lac Tanganyika, l’Organisation de la pêcherie du lac Victoria, la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI), et la Commission des pêches du sud-ouest de l’océan Indien. C’est grâce à notre engagement collectif que ces avancées majeures ont pu voir le jour. 

Néanmoins, notre mission est loin d’être achevée. Si le programme s’achève, les défis liés à la préservation des acquis, à la gestion durable de nos ressources halieutiques et maritimes, particulièrement pour nos États insulaires, ainsi qu’à la sécurité alimentaire dans notre région demeurent entiers. 

Ce forum est, à ce titre, d’une importance capitale. Il doit nous permettre d’identifier les stratégies de sortie les plus pertinentes, à travers une coordination renforcée, efficace et fluide entre tous les acteurs concernés. 

Je vous souhaite des échanges fructueux, innovants et porteurs d’avenir.